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 la ville algerienne entre l'écueil du passé et l'espoir de l'avenir

30/9/2008

la ville algerienne entre l'écueil du passé et l'espoir de l'avenir
par Meziane Abdellah: Architecte Paysagiste, Diplômé De Versailles-Lakhdaria

Lorsqu'on parle du développement des espaces verts et du processus d'évolution du programme du gouvernement d'amélioration urbaine en cours et lorsqu'on parle également des efforts de l'Etat dans le processus des aménagements paysagers de nos milieux urbains, la pensée va plutôt vers les ministères et l'administration concernés et jamais vers les autorités locales et les élus, comme si ces derniers n'étaient pas concernés par ce chapitre, et encore moins vers les partis politiques ou le mouvement associatif et la presse.

La presse, qui est l'instrument du dialogue entre les pouvoirs publics et les citoyens, est le miroir qui renvoie l'image véritable de ce qui est fait et qui permet alors au pouvoir d'obtenir un feed-back en vue de corriger la trajectoire et de lever les obstacles ou de donner un nouvel élan à l'amélioration du cadre de vie des citoyens. Quant aux autorités locales et aux élus, ils constituent la pièce essentielle car ils sont chargés de la conduite de la mise en oeuvre du programme du gouvernement parce qu'ils sont députés, et en tant que tels, ils amendent et votent les lois d'orientation et d'encadrement législatif et ont la prérogative d'initier des projets de loi, de contrôle, d'utilisation des budgets qu'ils affectent et qu'ils votent, tout en effectuant des enquêtes parlementaires pour déceler les contraintes au développement des milieux urbains qui concerne le plus les élus locaux, parce qu'ils devraient être les premiers à promouvoir l'environnement du paysage urbain.

La célébration de la première Journée nationale de la ville le 20 février 2007, suite à la publication sur le Journal officiel des décrets d'application de la loi d'orientation de la ville, laisse les citoyens algériens interrogatifs sur l'avenir de leur cadre de vie au sein de leurs milieux urbains, et cela malgré une volonté législative de la part des hautes autorités de l'Etat de mettre en place les grandes décisions pour la réussite de l'amélioration urbaine dans notre pays.

Même si beaucoup de nos citoyens pensent que notre pays peut réussir l'amélioration du cadre de vie de ses citoyens au sein de ses milieux urbains, car il possède le substrat intellectuel et les moyens financiers, notre pays reste handicapé devant les acteurs de la déliquescence urbaine et le manque de volonté d'intégrer les vraies spécialistes d'aménagement urbain comme les urbanistes et les architectes paysagistes, qui sauront défier la chronique pour retrouver la voie de la perfection des milieux urbains et rattraper le retard cumulé par notre pays, à l'image des villes de Dubaï et d'Abou Dhabi.

Grâce à une volonté et à un désir d'emprunter la voie de la Cour des Lions de l'Alhambra, les décors en stuc des plus beaux palais d'Orient et de faire des jardins urbains toujours verts, à l'image métaphorique du Paradis, les responsables émiratis ont su réussir en un laps de temps record. Leur miracle d'amélioration urbaine à Dubaï et Abou Dhabi et qu'aujourd'hui, il sont fiers de bouleverser le concept des villes nouvelles à Saadiyat Island, un triangle de désert posé à 500 mètres au large d'Abou Dhabi, où il y aura une gigantesque opération immobilière, culturelle et touristique qui viendra pour transformer le paysage désertique de cette île solitaire, afin d'aménager au portes de l'Arabie une véritable oasis du futur et faire naître une nouvelle légende historique d'amélioration du cadre de vie en milieu urbain pour les pays arabes.

La réussite de la ville de Dubaï «la marchande» et d'Abou Dhabi »la conservatrice», à travers le chemin de la perfection pour donner à leurs milieux urbains un cadre de vie idéal et exemplaire, n'est que le fruit du travail des hommes et de femmes qui ont su reconnaître le passé historique de leur peuple, tout en croyant à la réussite du développement de leurs milieux urbains afin de songer à l'exploit de l'avenir de leur pays.

Parce que ces hommes et ces femmes ne sont pas des responsables qui piétinent leurs concitoyens pour arriver à leurs fins personnelles et croient que la réussite ne peut être obtenue que par la dignité et l'élégance, aujourd'hui, le fruit de leur travail est devenu une réalité, au point que la marchande et la conservatrice sont considérées par beaucoup comme les Manhattan du Moyen-Orient.

Maintenant que les villes d'Alger et d'Oran, malgré leur riche passé historique, ont perdu de leur prestige de villes modernes, où il faisait déjà bon vivre lorsque Dubaï et Abou Dhabi n'étaient que des bourgades oubliées en plein désert d'Arabie, notre pays n'arrive toujours pas à trouver le chemin adéquat pour réussir ses améliorations urbaines et donner un meilleur cadre de vie à ses citoyens malgré les milliards de dinars dépensés annuellement dans les différents programmes d'amélioration du cadre de vie des citoyens en milieu urbain.

Actuellement, l'urgence, les méthodes bureaucratiques et le manque d'études urbanistiques et paysagères sont montrés du doigt par la presse pour les échecs des différentes politiques d'amélioration urbaine dans notre pays, car nos milieux urbains sont devenus des ghettos pour riches et des ghettos pour pauvres. La cause majeure des revers de notre révolution urbaine est avant tout humaine, car c'est depuis les années quatre-vingt que la gestion humaine du patrimoine urbain de notre pays fonctionne avec des normes de réalisation qui sont loin d'être conformes aux normes des villes modernes pour assurer un meilleur cadre de vie en milieu urbain pour les citoyens algériens.

C'est parce que nos responsables locaux manquent de savoir-faire en gestion des projets urbains et souvent travaillent même sans amour pour leurs propre villes, ni même de préoccupation pour leur propre cadre de vie, qu'aujourd'hui les citoyens algériens ont perdu leur notion de civisme, au point qu'ils ne se considèrent plus comme des citadins dans leurs propres agglomérations, mais juste comme de simples habitants locataires bien que souvent ils en soient des propriétaires.

Même si le fossé entre l'administration algérienne et ses administrés est déjà creusé en ce début du XXIe siècle, notre pays continue toujours à fonctionner avec une administration qui gère les budgets de l'Etat au lieu d'être une institution bâtisseuse de projets promoteurs et réfléchis afin d'assurer un meilleur avenir pour le cadre de vie de ses citoyens en milieu urbain, au point qu'aujourd'hui, le citoyen algérien se sent solitaire et tourne le dos à la gestion de ses milieux urbains, car il ne se sent plus concerné par les promesses d'une démocratie participative anticipée et se rend compte de la réalité de la mainmise de ses responsables locaux sur les acquis de la démocratie citoyenne. Parce que si notre pays a choisi la voie de la démocratie et que le choix des élus locaux revient au peuple, la gestion des collectivités locales est plus destinée à des intérêts personnels que collectifs.

Malgré une démocratie déclarée dans notre pays, la gestion des collectivités locales reste plus sous les mains des fonctionnaires de l'Etat au sein des wilayas que sous l'autorité des élus du peuple, au point que les maires et leurs adjoints sont considérés par le pouvoir central des wilayas comme de simples citoyens, sans aucun pouvoir décisionnel, mais juste comme un moyen pour régler les cellules de crise des problèmes majeurs du quotidien des citoyens.

Le pouvoir central de la wilaya, qui est le premier représentant de l'Etat au niveau local, continue à gérer le quotidien des citoyens algériens malgré la présence des élus locaux, qui sont pourtant élus démocratiquement, comme si l'Algérie était toujours sous la domination du système d'autogestion du parti unique et que la démocratie participative était exclue de son système démocratique.

Le citoyen algérien, à qui il ne reste plus de moyens d'expression que la voie de la presse et des sites d'Internet pour dénoncer la déliquescence de son cadre de vie au sein de ses agglomérations, ne croit plus à ses droits fondamentaux pour un cadre de vie agréable au sein de son quartier et à ses devoirs envers son milieu urbain, car il estime que ses acquis civiques sont quotidiennement bafoués par ses propres responsables locaux et cela bien que l'Etat algérien engage chaque année différentes mesures budgétaires pour l'amélioration urbaine. Puisque, dans notre pays, la construction illicite et précaire et l'exode rural sont devenus une réalité visible dans la destruction de notre paysage urbain et de notre cadre de vie, la résolution de ce problème ne peut venir que par une meilleure compréhension de ses origines dans la gestion de nos milieux urbains et la recherche de meilleures solutions qui aideront à trouver la voie d'une meilleure amélioration urbaine et du cadre de vie de nos citoyens. Durant les premières années d'indépendance, notre pays s'est retrouvé devant la tâche difficile de gérer un patrimoine urbain considérable, hérité d'une longue période historique, sans en posséder le savoir-faire pour mener ce nouveau combat. Car, après une période de colonisation de plus de 130 ans et deux décennies d'indépendance de gestion révolutionnaire, l'Algérie, qui avait doublé le nombre de ses habitants, s'est retrouvée cette fois-ci devant la complexité de gérer ses villes avec un exode rural galopant et des problèmes de manque de logements décents pour ses citoyens, ce qui a transformé nos collectivités locales en des guichets de gestion des problèmes quotidiens des mal-logés.

Afin de diminuer la pression sur ces collectivités locales, les autorités de l'époque ont opté pour l'ingénieuse idée de céder les biens de l'Etat afin de transformer les locataires en des propriétaires, sans s'y armer pour contrer l'égoïsme de certains notables qui cherchaient à profiter de la situation pour élargir leurs propriétés sur les espaces publics, et aussi sans y planifier la future gestion de l'organisation des espaces communs des nouveaux propriétaires, au point qu'aujourd'hui les collectivités locales sont amputées des différentes ressources liées aux biens de l'Etat et que les espaces publics se trouvent à la merci des décideurs du pouvoir central des wilayas et des nouveaux propriétaires pour profiter de l'absence d'autorité chez les élus locaux. Ceci afin d'élargir leurs espaces propriétaires même sur les trottoirs, qui normalement sont destinés à être la propriété des piétons, au point qu'aujourd'hui ils partagent la voie des voitures pour y circuler en milieu urbain à leurs risques et périls.

Non seulement la cession des biens de l'Etat avait désorganisé la gestion des espaces publics, une nouvelle fois l'incompétence de nos autorités a opté pour une décision irréfléchie quand ils ont pris la décision de dissoudre les grandes entreprises du BTP dans les années quatre-vingt-dix, ce qui a engendré aujourd'hui un manque de compétences dans le domaine du bâtiment et des travaux publics, au point que notre pays, en ce début du XXIe siècle, se trouve contraint d'aller chercher ces hommes de savoir-faire même en Chine. Quelle ironie du sort !

Puisque le constat de l'état de nos agglomérations d'aujourd'hui est amer, parce que même le président de la République avait critiqué, devant nos hautes autorités locales, la laideur et la saleté de nos milieux urbains, maintenant que notre pays commence à retrouver sa stabilité sécuritaire et financière, pourra-t-il changer son cap aujourd'hui pour oeuvrer dans le bon sens et retrouver le chemin perdu de la perfection urbaine, tout en réussissant sa nouvelle révolution urbaine, quant on sait que notre pays possède tous les substrats financiers pour réussir l'amélioration du cadre de vie de ses citoyens en milieu urbain et que les différents services techniques des collectivités locales et des organismes de gestion des aménagements urbains sont gérés par des techniciens et des responsables qui manquent souvent d'expérience professionnelle et de savoir-faire, tout en étant acharnés à équilibrer leurs salaires en gagnant plus d'argent sur le dos de la perfection de réalisation ?.

Comme nos élus locaux se trouvent toujours sous la domination du pouvoir central des wilayas, les citoyens algériens continueront à rester loin de s'impliquer dans la gestion de leurs milieux urbains, tout en se comportant à l'image des administrés, parce que les élus du peuple continuent à être gérés par le pouvoir central de la wilaya comme de simples fonctionnaires qui sont au service de l'administration, bien qu'ils aient été choisis par le peuple au suffrage universel.

Le citoyen algérien saura retrouver ses droits et ses obligations en milieu urbain le jour où notre pays aura de vrais élus, issus de la volonté des urnes, pour oeuvrer avant tout à l'amélioration du cadre de vie de leurs citoyens, tout en devenant les maîtres des grandes décisions pour leurs milieux urbains, sous le regard permanent du wali comme contrôleur central des projets de la wilaya et de l'écoute des représentants des associations de quartiers dans le cadre de la démocratie participative. Car pour mieux vivre ensemble et assurer un avenir meilleur à nos milieux urbains, il est primordial de prendre en considération toutes les bonnes réflexions qui pourront participer à la réussite de notre cadre de vie.

La collectivité locale doit savoir réserver une meilleure place à la discussion entre les élus et les associations de quartiers en vue d'engager des actions pour l'amélioration du cadre de vie des citoyens en milieu urbain, parce que c'est avec cette initiative démocratique participative que notre pays d'aujourd'hui pourra préparer l'avenir du cadre de vie de ses citoyens de demain, tout en donnant de meilleures compétences de gestion pour ses milieux urbains afin de dissiper à jamais l'écart qui existe entre les administrés et l'administration. En effet, avec le développement de ce processus de discussion, le citoyen algérien saura s'impliquer dans la gestion quotidienne de son cadre de vie au sein de son agglomération et se sentira partie prenante du dialogue permanent entre lui et ses autorités locales, par le biais de ses associations de quartiers, tout en s'investissant dans les débats publics et les réunions de quartiers.

Pour réussir l'avenir de l'amélioration urbaine et du cadre de vie des citoyens, les élus du peuple doivent savoir assumer leurs responsabilités devant leurs électeurs, tout en devenant plus actifs dans leurs tâches quotidiennes, et cela par le respect des valeurs civiques et citoyennes afin de mieux contribuer en permanence au bien-être des administrés. Car avec une application rigoureuse des préceptes de la démocratie participative au niveau local, les citoyens algériens auront enfin la voie et le droit de pouvoir s'exprimer pour donner leurs visions futures et les solutions à préconiser afin de mieux réussir leur cadre de vie au sein de leurs quartiers et leurs milieux urbains. C'est par le moyen de la participation à l'instauration des solutions des problèmes de la vie quotidienne que les citoyens deviennent responsables devant le choix démocratique de leurs cités et se sentiront concernés pour s'organiser en groupes de pression grâce aux associations de quartiers et des réunions publiques avec les élus locaux et les responsables techniques concernés par l'amélioration urbaine.

Les réunions publiques sont aussi une occasion pour les citoyens de rencontrer leurs élus afin d'être informés sur les futurs projets à réaliser au sein de leurs agglomérations et de débattre sur l'avancement des projets en cours, tout en exprimant leurs préoccupations dans un cadre serein. En effet, c'est grâce aux différentes réflexions et préoccupations soulevées par la population durant ces réunions publiques que les élus locaux auront enfin la crédibilité pour prendre leurs responsabilités devant leurs citoyens et pour pouvoir faire changer le cadre de vie de leurs citoyens vers la perfection, afin que nos citoyens sachent différencier entre leurs devoirs et leurs droits envers la gestion de leur vie commune au sein de leurs milieux urbains.

Ces rassemblements d'idées, où les citoyens peuvent apporter leurs réflexions au sein de réunions publiques, permettent aux responsables techniques des collectivités locales de bien mener leur travail sur le choix des priorités à établir dans l'élaboration de la commande des projets d'aménagements en milieu urbain, afin de pouvoir enfin annihiler à jamais la fiche technique actuelle et les pratiques douteuses du choix du maître d'oeuvre et des entreprises de réalisation des projets d'aménagements.

Parce que la commande constitue le socle de tout projet d'aménagement, car elle est un vrai dialogue entre les élus locaux et leurs différentes institutions techniques, les aménagements concernant l'amélioration urbaine doivent être bien identifiés. Parce que pour mieux mener à bien un projet de la commande urbaine, les responsables des collectivités locales doivent savoir s'entourer de conseillers comme les spécialistes en aménagement urbain, qui viendront les accompagner sur le travail préliminaire qui a été établi par le contact direct entre les techniciens des élus et la société civile.

Les critères du choix des responsables de l'amélioration urbaine, au niveau local, doivent s'orienter vers le choix intellectuel et partisan, car c'est par le niveau intellectuel des techniciens et des élus que les débats pour le choix des projets urbains à réaliser et l'instauration de la commande urbaine seront plus objectifs et mieux réfléchis.

La commande urbaine, qui est le fruit d'un travail de coordination dans le cadre de la démocratie participative, et les conclusions des spécialistes en amélioration urbaine, comme les architectes paysagistes et les urbanistes, aboutissent aux pratiques modernes des concours d'idées afin de ressortir les grandes lignes du futur projet d'amélioration urbaine, pour être mené à bien jusqu'au choix des bureaux d'études et des entreprises de réalisation selon la réglementation en vigueur, dans le but primordial de répondre aux attentes des citoyens algériens qui cherchent à améliorer, pour longtemps, leur cadre de vie au sein de leurs agglomérations.

Le tandem collectivité locale-spécialistes en aménagement urbain est capital pour la réussite de nos futurs projets d'améliorations urbaines de grande envergure, parce que c'est grâce au savoir-faire des architectes paysagistes et des urbanistes et parfois des architectes, que le socle de la commande urbaine, qui est l'élaboration du plan général du milieu urbain, et la fonctionnalité du milieu urbain seront d'une mixité innovante entre l'espace public et l'immeuble ou le logement des citoyens, les commerces et les bureaux se superposant à l'instar de la collaboration des différentes maîtrises d'ouvrages.

A partir de ces intangibles qui sont les fondements du projet urbain, le maître d'oeuvre, qui sera constitué par un trio d'architecte paysagiste, d'urbaniste et d'architecte, pourra envisager une infinité de scénarios possibles pour arriver à l'illustration d'un projet final représenté par des plans de masse, afin que le bureau d'études sélectionné pour la maîtrise de la réalisation du projet d'amélioration urbaine soit sélectionné pour ses meilleurs atouts qui donneront une meilleure qualité de vie aux citoyens au sein de leur milieu urbain et pour lui permettre de s'empêcher de s'étouffer sous l'influence du béton de nos milieux urbains actuels, ainsi que de sa cohérence par rapport aux éléments de coordination avec le paysage urbain existant.

Afin de s'opposer à la tendance actuelle des bureaux d'études et des entreprises par voie du « moins-disant » et du « gré à gré », il faut que nos élus locaux sachent, par leur pouvoir législatif, adapter nos lois aux exigences de la tendance du monde moderne et faire des changements au sein de notre réglementation actuelle, afin que nos futurs projets de réalisation en milieu urbain soient le fruit d'un savoir-faire exemplaire et non l'application de recettes toute faites ou la production d'un style de projets déjà existants, sans prendre en considération l'aspect paysager du site d'aménagement et le comportement des citadins qui y vivent.

Puisque l'élaboration de la commande urbaine apporte déjà le gros oeuvre de la demande financière du projet d'aménagement urbain et que le résultat du concours d'idées ressort le second volet de l'oeuvre du budget du projet urbain, afin de s'adapter et de bouger selon l'enveloppe financière allouée au projet, le choix des entreprises de réalisation ne pourra être que pour leurs compétences humaines et matérielles, et cela grâce une étroite collaboration entre le bureau d'études et la collectivité locale et non pas par la pratique actuelle du « moins-disant », qui n'a aucun sens dans le cas de la présence du maître d'oeuvre.

Le rôle des élus locaux dans cette nouvelle tendance, que notre pays doit emprunter pour la réussite de nos améliorations urbaines futures, est de permettre aux citoyens algériens de jouir d'un meilleur cadre de vie au sein de leurs agglomérations, et avant tout de pouvoir mettre en place les outils qui donneront plus de prorogatif aux techniciens des collectivités locales pour mener à bien leur travail technique, en collaboration avec les membres de l'APC et des représentants de la communauté urbaine, afin qu'ils soient les premiers concernés pour garantir l'apport du savoir-faire adéquat pour la réussite des projets d'aménagement en milieu urbain.

Loin du pouvoir central actuel de la wilaya, les responsables des collectivités locales doivent devenir les uniques garants des procédures pour la réussite des projets d'aménagement en milieux urbains et la bonne marche des contrats d'entretien et du respect de l'utilité publique des espaces publics et des espaces verts, afin que ces projets urbains ne soient pas à la merci de l'usure du temps et du vandalisme des pseudo-citadins.

Maintenant que nos élus ont adopté la loi d'orientation de la ville et la loi de protection, de gestion et de développement des espaces verts et que le gouvernement a alloué une enveloppe de 100 milliards de dinars à l'amélioration urbaine pour l'année 2007, notre pays doit commencer à donner plus d'importance à l'aspect paysager aux projets d'améliorations urbaines et chercher à réussir sa nouvelle démarche d'intégration au sein de la mondialisation de la politique urbaine. Pour cela, il faut que nos responsables concernés par les futurs projets d'aménagements paysagers en milieu urbain sachent maîtriser l'apport du vrai savoir-faire de spécialistes en architecture du paysage, afin de permettre aux futures générations de notre pays d'évoluer vers une meilleure capacité touristique grâce à des agglomérations qui auront atteint le seuil de la perfection des milieux urbains modernes et surtout d'oublier à jamais les pratiques douteuses de gestion urbaine d'échec, qui existent encore aujourd'hui.

Car, si pour certains, le passé appartient au oubliettes, beaucoup de nos responsables locaux, qui ne savent pas reconnaître leurs erreurs dans l'échec de la politique actuelle d'amélioration urbaine, sont prêts à les faire répéter pour perpétuer à jamais leurs profits individuels, même pour les projets d'amélioration urbaine d'avenir. Pour eux, peu importe la qualité du cadre de vie de leurs citoyens, comme si leur rôle était avant tout de perpétuer l'écueil du passé et d'empêcher l'espoir de voir notre cadre de vie amélioré pour l'éternel.

source:le quotidien d'oran

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Comments

kellykevin, le 12-11-2016 à 09:41:40 :

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