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 Pourquoi nos villes sont elles mal construites ?

15/3/2009

Pourquoi nos villes sont elles mal construites ? 1ere partie

Valoriser le patrimoine environnemental tout en développant l’offre en espaces verts et des aménagements paysagers au sein des milieux urbains, avec une préservation du patrimoine architectural et une conciliation entre l’architecture contemporaine et la protection des ensembles historiques remarquables, telles sont les notions fondamentales de la politique d’amélioration urbaine d’un pays.

 

C’est en détaillant exhaustivement toutes les réalisations opérées durant les dernières années que le ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et du Tourisme avait montré une analyse critique des progrès réalisés dans le domaine de l’environnement, et cela, devant le Conseil du gouvernement. Si le gouvernement algérien avait décidé de poursuivre ses actions en cours malgré les critiques du premier responsable de l’environnement, ce n’est que dans l’espoir de voir se réveiller, au sein de nos autorités locales, de nouvelles actions qui permettront à notre pays de mettre fin à la dégradation des sols, au rétrécissement du couvert végétal, et de mieux protéger la santé publique avec l’instauration pour nos citoyens d’une qualité et d’un cadre de vie meilleurs au sein de nos agglomérations, afin que notre pays sache enfin préparer une meilleure politique d’amélioration urbaine pour qu’il puisse enfin avoir son industrie de cadre de vie au sein de ses milieux urbains, et rendre à nos villes et villages des destinations touristiques majeures dans la rive Sud de la Méditerranée, et ce, dans un avenir proche. Bien que le rapport sur la gouvernance de la Banque mondiale ait estimé que notre pays a connu, durant la période 2002-2006, une nette et régulière amélioration dans l’ensemble des principaux indicateurs de la gouvernance — ce rapport estime qu’il y a eu, en Algérie, une nette avancée dans les domaines de la responsabilité citoyenne, la stabilité politique et l’absence de violence — en réalité, en matière de gouvernance urbaine, notre pays est en-deçà de ce qui se fait dans les pays limitrophes de la Méditerranée. Malgré la richesse de notre jeunesse et de son savoir-faire, nos responsables locaux sont toujours opposés à l’idée de confronter de nouvelles idées et expériences de cette jeunesse pour lui permettre de réussir dans son pays, de gérer des aménagements urbains et de faire de nos milieux urbains des agglomérations modernes, tout en faisant avancer la qualité et le cadre de vie de nos citoyens en toute transparence. Puisque nos responsables locaux restent attachés à leurs pensées uniques, bien que notre pays possède déjà une politique d’amélioration urbaine bien ficelée avec ses lois et ses décrets, la volonté de faire immerger de nouvelles idées afin de redonner un nouveau souffle à la qualité de nos milieux urbains n’arrive toujours pas à parvenir par le bas, comme si la volonté réelle de nos autorités locales est d’être avant tout à l’image d’un obstacle, pour continuer à faire sombrer nos milieux urbains dans un environnement de saleté et un paysage d’un semblant d’inachevé. L’autorité locale en Algérie, au fur et à mesure de la progression de son plan de carrière, se constitue avec beaucoup d’efforts vers les actions qui lui permettent de devenir prisonnier des geôles du système du parti unique, comme si notre pays n’était plus un pays démocratique. Perdus dans les méandres du vide de l’arrogance du pouvoir, nos responsables locaux réfléchissent, souvent, dans leur subconscient, à l’apothéose de la réussite sociale pour eux et leur famille, tout en utilisant leur intronisation dans la sphère de la raison de l’Etat. Par leurs postes occupés, ils sont la devanture de tout l’étalage de la puissance publique et localement, ils sont la source de pouvoir la plus sollicitée par la maîtrise d’ouvrage. Ils incarnent la résolution miraculeuse à toute impasse et la solution à tout problème rencontré sur le terrain. Par ces comportements d’arrogance et d’un semblant de savoir-faire total de nos responsables locaux, la ville algérienne se retrouve face au résultat actuel de dégradation de notre cadre de vie au sein de nos milieux urbains. La saleté et les imperfections des constructions architecturales sont devenues le point noir du développement local et du cadre de vie de nos citoyens au sein de nos milieux urbains. Les aspects esthétiques de la ville et l’intégration de l’ambiance urbaine nécessaires aux citoyens sont totalement ignorés par nos responsables locaux ainsi que l’association entre l’architecte, l’urbaniste et le paysagiste. Si cette association est totalement occultée dans la réalisation de nos projets urbains, c’est parce que nos autorités locales et administratives continuent toujours à gérer nos agglomérations par des faits techniques, selon les mêmes carcans des années 1960, tout en évitant l’amélioration technologique de nos milieux urbains. Le monde moderne évolue dans ses spécialisations architecturales et continue à produire de nouvelles techniques d’aménagement et de gestion des milieux urbains, afin de communiquer un message civilisationnel à leurs générations futures. Lors de la réunion annuelle des walis de 2006, le président de la République avait mentionné, dans son discours, l’aspect de la gestion de nos villes, tout en estimant que toutes nos villes sont moches, à l’exception de la nouvelle-ville de Aïn Témouchent. Parce que les autorités locales de l’époque, responsables de la construction de cette nouvelle-ville, avaient suivi à la lettre les consignes du bailleur de fonds, pour faire intégrer l’architecture du paysage dans la sphère de l’architecture et de l’urbanisme tout en appliquant les grandes lignes de modalités de la commande d’aménagement au sein de cette nouvelle ville. Cela a été jugé comme la meilleure réussite urbaine en Afrique, et les hautes autorités de notre pays l’ont considérée comme un miracle et une perfection du savoir-faire algérien ; de l’architecte au maçon. Parce que, maintenant, les autorités locales sont devenues des responsables avec un savoir de second rang, qui ne permet pas d’innover, ressemblant à un outil de production en crise et fortement concurrencé, que notre etat est contraint à faire appel aux firmes internationales pour tenter d’inverser le processus, comme la collaboration de la Banque mondiale fut indispensable à Aïn Témouchent pour que ce miracle algérien soit réussi et afin que le technicien algérien ne soit pas incriminé, comme toujours, par les autorités locales. Pour nos autorités compétentes, le politique ne faute jamai, bien que c’est souvent lui qui sectorise, économise et improvise les projets d’aménagement en milieu urbain, sans admettre qu’il est un professionnel politique et non un spécialiste dans la gestion des réalisations de projets d’aménagement en milieux urbains. Ce qui revient de droit aux paysagistes, architectes et urbanistes. Comme en 2008, plus de la moitié de la population mondiale vivra au sein des milieux urbains, selon le rapport du Fonds des Nations unies pour la population. La majorité de cette croissance urbaine aura lieu dans les pays en voie de développement, à l’instar de l’Algérie. Les Nations unies ont fait appel aux responsables de ces pays pour instaurer de réelles politiques urbaines, adaptées à cette nouvelle situation, afin de ne pas freiner la croissance urbaine et de l’accompagner par une meilleure gestion pour un meilleur cadre de vie du citoyen. C’est en aimant sa ville et ses citoyens, tout en les développant, que les responsables locaux d’un pays pourront rendre possible l’émergence d’une nouvelle vision d’amélioration urbaine et donner la possibilité à leurs citoyens de devenir attachés à leur agglomération, afin de rencontrer des gens nouveaux au sein d’une vie urbaine à la croisée de l’histoire de chaque coin de l’agglomération. Comme l’environnement, l’économie, la création urbaine et la citoyenneté sont parmi les grands enjeux du monde urbain actuel, alors notre pays doit réussir la réconciliation entre ses milieux urbains et ses citoyens, tout en poussant nos responsables locaux à savoir mener, au sein de leurs agglomérations, un mode de vie nouveau où les citadins auront une meilleure qualité de vie et où le paysage urbain suivra la tendance moderne du monde actuel. Actuellement, nos autorités locales continuent à gérer nos villes et villages avec des programmes de colmatage, malgré que notre Etat annonce chaque année de grands moyens pour la réussite de la mise en application des directives du programme d’amélioration urbaine, instauré par les différents gouvernements algériens. L’Algérie doit savoir dédouaner ses autorités locales, formées à la chaîne dans un climat de frustration et choisies selon des pratiques douteuses, comme elle doit cesser d’incomber les fautes aux architectes et aux ingénieurs, tout en les menaçant de faire appel aux compétences internationales pour prendre en charge les aménagements urbains nationaux. En effet, la situation actuelle du programme d’amélioration urbaine dans notre pays laisse nos villes et villages dans une complexité difficile à comprendre, puisqu’au sein du terrain d’exécution, les différents programmes d’aménagement urbain sont souvent confrontés à des autorités locales. Celles-ci cherchent par leur ignorance du domaine urbain et leurs décisions unilatérales à mettre les bâtons dans les roues de ce programme d’amélioration urbaine, que d’œuvrer avec de bonnes intentions vers une meilleure coordination, afin de réussir le cadre de vie de nos citoyens. Comme si leurs missions étaient de freiner les bonnes intentions pour faire réussir la politique d’amélioration urbaine en Algérie. Ce n’est pas parce que notre pays possède déjà une loi d’orientation de la ville et celle de la gestion des espaces verts, que les problèmes existant au sein de nos milieux urbains vont arriver à leurs fins et que nos citoyens pourront jouir d’un cadre de vie meilleur au sein de leurs agglomérations. La réussite d’un tel espoir ne peut être réalisée que par une réelle volonté de nos responsables locaux pour faire changer le cours des événements, tout en intégrant les architectes paysagistes et les urbanistes dans le processus des aménagements urbains avec les architectes, même dans la phase d’idées ou de conception sommaire. Car continuer à pratiquer la méthode actuelle qui consiste de faire toujours appel, et seulement, à l’architecte du bâtiment ou à l’ingénieur en génie civil, pour opérer par abstraction dans l’environnement urbanistique et naturel, ne fait que continuer de réduire les projets de nos milieux urbains en un ensemble de traits, de rayons et de courbes, sans réaliser une beauté paysagère pour l’avenir de nos agglomérations. Puisque les architectes paysagistes, les urbanistes, les architectes et les ingénieurs sont indispensables pour la réussite des programmes d’amélioration urbaine, les responsables locaux des villes modernes ont toujours su faire collaborer ces différents spécialistes pour relever le défi. Et cela, en leur fournissant les meilleures conditions pour travailler ensemble afin de construire, dans l’harmonie et la cohérence, le meilleur paysage de leurs villes. Et si les architectes sont des éclaireurs esthétiques du projet urbain à la rigueur scientifique, les ingénieurs sont le savoir technique de la réussite de ces projets. Maintenant, notre pays possède une meilleure santé financière et ses compétences en matière d’amélioration urbaine sont déjà sur le terrain en train d’attendre le démarrage des travaux d’Hercule pour améliorer notre cadre de vie en milieu urbain et, à moindre coup, grâce à leur savoir-faire en exécution, sans que notre pays soit contraint de faire appel aux compétences étrangères. Il est temps que l’Algérie rattrape sont retard tant accumulé en matière d’amélioration urbaine afin que nos agglomérations deviennent des milieux urbains modernes, et ce, par la restructuration au sein de nos autorités locales et de nos responsables de la maîtrise d’ouvrages incompétents, en les remplaçant par de vrais responsables locaux qui soient amis de leurs pays et de leurs citoyens, avant qu’ils soient amis de leurs économies et d’eux-mêmes. Nos responsables locaux doivent être obéissants à leurs devoirs envers les citoyens et loin de l’ingratitude envers nos compétences en matière de savoir-faire dans le domaine des améliorations urbaines, car c’est dans la force de la jonction des compétences et du savoir-faire que les grandes civilisations se sont construites. Nos responsables locaux doivent cesser d’être gonflés d’orgueil et de reconnaître leur faiblesse en matière de réalisation des projets d’aménagement urbain ainsi que de faire confiance aux compétences algériennes, parce qu’il est devenu indispensable d’intégrer dans leurs projets urbains de vrais spécialistes en la matière, au lieu d’user de leurs positions pour imposer leurs propres solutions miracles qui sont loin de la logique de la compétence et du savoir-faire en matière d’amélioration urbaine. Parce que, en ces temps de remerciement pour le peu de travail fourni, nos autorités locales et nos responsables de la maîtrise d’ouvrage sont souvent devenus otages de leur propre économie, au lieu d’être fidèles aux différents programmes de développement urbain. S’ils ont choisi de s’attacher à notre pays, ce n’est que pour leurs propres positions et privilèges de premiers hommes d’Etat au niveau régional, tout en trahissant, sans état d’âme, la puissance de l’Etat hiérarchique, qui leur a fait confiance pour ne pas faire des programmes d’amélioration urbaine, une aubaine pour leurs propres comptes bancaires et un fiasco pour le cadre de vie de nos citoyens, qui continuent à vivre dans un cauchemar de la saleté urbaine. Comprendre la complexité des différents enjeux de nos responsables locaux pour faire obstacle à la politique d’amélioration urbaine en Algérie, sans être impliqué dans le processus de la maîtrise d’œuvre urbaine avec une bonne foi, laisse la résolution de compréhension de ce phénomène de la maîtrise d’ouvrage en Algérie sans issue. Car tant qu’il y a des voix qui acclament haut et fort cette méthode de gestion unilatérale et l’absence de changement radical de la part de l’Etat, la ville algérienne continuera à être gérée d’une façon continue, loin de trouver les solutions idéales aux différents obstacles actuels, bien que 100 milliards de dinars aient été réservés pour l’année 2007 par notre pays pour son budget consacré au programme d’amélioration urbaine, et afin de permettre l’instauration d’un meilleur cadre de vie pour nos citoyens. Malgré la disponibilité financière et humaine, nos milieux urbains continueront à sombrer dans l’incertitude comme si nos collectivités locales étaient dépourvues d’autorités locales et que l’Algérie ne formait plus de compétences capables de remédier aux problèmes urbains actuels. Sans une réelle volonté de la part de l’Etat de trouver le consensus idéal et d’instaurer le concept de développement durable de nos milieux urbains, plaidant pour la participation de tous afin que le citoyen acquiert ses droits, le citadin algérien restera le spectateur d’un spectacle qui se fait sans lui et pour ou contre lui, dans sa ville ou son village. (A suivre) L’auteur est : Architecte paysagiste diplômé de Versailles

 

Par Meziane Abdellah

Source : http://www.elwatan.com

 

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Comments

aicha2081, le 23-02-2011 à 18:17:42 :

félicitations :)

j 'ai voulu juste te féliciter pour cet article , bravooo trés logique comme raisonnement , des objectifs trés importantes :) en ce qui me concerne j suis ingénieur paysagiste tunisienne , ici on souffre d l abscence d'une association propre à nous les paysagistes qui peut peutetre protéger nos droits !! bon ce metier n'a pas encore vu la lumière ! peutetre faute de manque de conscience, de mentalité ! je sais pas !! 

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